On les croit tous pareils : une grande muraille qui retient de l’eau. Mais en réalité, les barrages sont bien plus diversifiés qu’on ne l’imagine.  Saviez-vous que certains atteignent plus de 180 mètres de haut ? C’est plus qu’un gratte-ciel de 60 étages !
Que font vraiment les barrages ?

A Marseille, l'eau du robinet

vient des Alpes

À Marseille, l’eau du robinet vient des Alpes. Pas d’une source locale. Pas d’une nappe souterraine provençale. Des Alpes situées à plus de 200 km. Ce fait, surprenant pour beaucoup, illustre parfaitement le rôle méconnu des barrages dans notre vie quotidienne.

Car derrière ce geste anodin, ouvrir son robinet se cache une infrastructure souvent invisible, parfois colossale, toujours essentielle. Partout en France, des millions d’habitants boivent chaque jour de l’eau que des ouvrages hydrauliques ont eu la sagesse de retenir.

Un rôle méconnu, une réalité massive

Les barrages ne servent pas qu’à produire de l’hydroélectricité. Leur rôle dans l’alimentation en eau potable est tout aussi fondamental et bien moins connu du grand public.

Le principe est simple : retenir l’eau en période d’abondance pour la restituer quand elle vient à manquer. En hiver et au printemps, les pluies et la fonte des neiges gonflent les rivières. Les barrages captent ces surplus et les stockent. En été, quand les cours d’eau s’assèchent, cette réserve est libérée progressivement pour permettre aux stations de traitement de continuer à produire et distribuer l’eau potable.

Des villes entières sous perfusion hydraulique

À Saint-Étienne Métropole, la quasi-intégralité de l’eau consommée dans les 53 communes provient de ressources de surface, prises d’eau en rivières et barrages. Seulement 2 % de l’eau consommée chaque année provient de ressources souterraines Saint Etienne Métropole, contre 53 % au niveau national. Une singularité remarquable, rendue possible par un réseau de 13 barrages de stockage dont le barrage de Lavalette sur le Lignon, qui assure l’approvisionnement en eau potable de l’agglomération stéphanoise. 

En Provence, c’est une échelle encore plus grande. La chaîne hydraulique Durance-Verdon garantit l’alimentation en eau brute pour près de 3 millions de personnes, dont les agglomérations de Marseille, Aix-en-Provence et Toulon. Près de 100 % des ressources en eau de la métropole Aix-Marseille proviennent de ces barrages alpins, acheminées notamment via le canal de Marseille (un ouvrage du XIXe siècle qui sillonne les Bouches-du-Rhône sur plus de 80 km)

“ Sans alternative locale significative, cette infrastructure est véritablement stratégique, dans un contexte de réchauffement climatique auquel le sud de la France est particulièrement exposé. ”

Un enjeu d'avenir

Ces ouvrages, sont aujourd’hui au cœur des grands défis liés au changement climatique. Moins de neige en altitude, sécheresses plus longues, débits estivaux en baisse : la ressource se raréfie au moment précis où la demande ne faiblit pas.

Gérer un barrage aujourd’hui, c’est arbitrer en permanence entre eau potable, irrigation, hydroélectricité et prévention des crues. C’est un métier d’ingénieurs, de techniciens et de gestionnaires dont le travail invisible conditionne chaque matin le geste le plus banal qui soit : ouvrir son robinet.

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